Intervention d’Alerte Pesticides Haute Gironde lors de la marche blanche à Listrac

 

Le collectif Alerte Pesticides Haute Gironde s’est constitué après l’incident très inquiétant qui a eu lieu à Villeneuve de Blaye le 5 mai 2014 : 23 élèves et leur institutrice pris de malaises alors que les fenêtres étaient grandes ouvertes par un jour de beau temps mais de fort vent. Deux exploitants pulvérisaient à ce moment-là, l’un, exploitant bio, du cuivre (héliocuivre) et du soufre, l’autre dit « conventionnel » les produits : Eperon Pépite et Pepper. Seule l’institutrice a été hospitalisée. La gendarmerie ne s’est pas rendue sur place ce jour-là ni les 3 les jours suivants.
Un premier classement sans suite a été prononcé par le parquet de Libourne en avril 2015. La Sepanso avait alors porté plainte et Générations Futures s’était constitué partie civile. Les deux châteaux avaient alors été mis en examen.
Pourtant le 7 septembre dernier le juge d’instruction a transmis une ordonnance de non-lieu en arguant du fait que la vitesse du vent (excessive pour traiter ce jour-là) n’a pas pu être mesurée car il n’y a pas de station météo à Villeneuve, et d’autre part, que rien ne prouve que ce soit les produits épandus qui soient en cause.
Pourtant, une note de synthèse établie par l’ARS d’Aquitaine indique : « des tracteurs ont répandu le jour même (de l’intoxication) des produits fongicides secondairement identifiés (par le centre antipoison du CHU de Bordeaux) contenant les substances actives suivantes : le mancozèbe, le mefenoxam, la spiroxamine (…). Les effets aigus connus des fongicides identifiés sont concordants avec les symptômes décrits par les enfants et personnels de cette école. »
Générations Futures a décidé de faire appel de la décision et les citoyens n’entendent pas, de toutes façons, en rester là. On ne peut pas admettre que l’empoisonnement soit classé dans suite.
Notre collectif s’est depuis transformé en association et entend bien poursuivre ses actions pour informer les riverains, interroger les pouvoirs publics mais aussi encourager les viticulteurs bio ou qui choisissent de le devenir. La suppression des aides au maintien de l’agriculture bio est un non-sens aujourd’hui, alors que ce sont les produits phytosanitaires et notamment les CMR qui détruisent les sols, polluent les nappes de surface, les cours d’eau, nous mettent en danger, qui coutent à la sécurité sociale et qui nuisent à l’emploi dans le pays. Nous avons besoin d’une agriculture responsable et tournée vers l’avenir et nous avons besoin de vous tous pour la défendre !
Sylvie Nony – Association Alerte Pesticides Haute Gironde
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