Communiqué de presse des associations Alerte Pesticides Haute Gironde,  Alerte aux Toxiques et Collectif Info Médoc Pesticides.

Objet : ce communiqué commente les analyses que nous avons réalisées pour faire la vérité sur les résidus de pesticides dans trois millésimes du Château Lafon-Rochet de M. Tesseron, Saint Estèphe 4e grand cru classé, qui avait annoncé son abandon du « bio » alors qu’il n’a jamais été certifié. Les résultats de ces analyses se trouvent sur le site https://alerteauxtoxiques.com/2018/12/04/lafon-rochet-pris-les-doigts-dans-le-pot-de-cmr/ 

Communiqué du mercredi 5 Décembre 2018.

Lafon-Rochet pris les doigts dans le pot de CMR* !

*Pesticides les plus dangereux : Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques

Ainsi donc, la baudruche se dégonfle ! Le château Lafon-Rochet déclinait il y a peu, sur tous les tons et sur tous les médias, son « abandon  de la bio » « trop polluante ».

Le Collectif Infos Médoc pesticides, Alerte aux Toxiques et Alerte Pesticides Haute Gironde ont fait procéder à une analyse de résidus sur ses millésimes 2013, 2014 et 2015.

Le résultat est quand même édifiant au regard des déclarations publiques.

On retrouve, sur tous les millésimes, des résidus de Folpel classé CMR, de Phtalimide (métabolite du Folpel), de Boscalid, du Fenhexamide et de Pyriméthanil. 

Ces produits sont détectés à des doses qui ne peuvent pas résulter d’une dérive du voisinage, a fortiori quand on a affaire à 40 hectares d’un seul tenant. Au contraire, la régularité remarquable de leur présence tout au long des millésimes, indique qu’il s’agit bien d’une stratégie phytosanitaire volontaire. On cherche même, mais en vain, l’indication de l’élimination  progressive du produit le plus dangereux, qu’aurait dû entraîner le passage progressif en Bio annoncé partout.

Pour ce qui est du millésime 2016, il n’est pas encore disponible. Mais dans une interview du magazine « Terres de vin » du 3 avril 2017, M. Tesseron  nous indique lui-même qu’il a utilisé au moins un produit conventionnel. Ce qui n’empêche pas ce magazine complaisant de parler de Bio !

Pour résumer : tout cela n’est pas bien Bio. Et si le journalisme ne s’était pas si souvent abaissé à faire du publi-reportage, on n’aurait pas lu, sur un site viticole connu,  sous la photo du château Lafon-Rochet, le commentaire suivant : « Lafon-Rochet, pionnier de la bio en Gironde, renonce à la certification ». Sur la base de quelle enquête ?

M. Basile Tesseron a multiplié les interviews et les déclarations dans la presse : La revue Terre de vins [1], La Revue du Vin de France [2], 20 Minutes [3] et Vitisphère [4]. Après avoir annoncé sa conversion en bio (qui n’a jamais eu lieu) dans le premier, ses propos consistent à dénigrer systématiquement la viticulture bio dans les suivants et à faire croire qu’elle est au moins aussi dangereuse que l’agriculture conventionnelle.

Nous lui avons soumis notre communiqué par courtoisie. Il estime avoir été trahi par les journalistes. Il n’a pourtant à ce jour (4/12/2018) fait paraître aucun démenti.

L’opinion publique et viticole est en droit d’attendre des excuses tout aussi tonitruantes.

 

[1] http://www.terredevins.com/actualites/primeurs-lafon-rochet-2016-100-bio/

[2] https://www.larvf.com/vin-bordeaux-lafont-rochet-bio-biologique-arret-pollution-conventionnel-viticulture-cuivre,4602076.asp

[3] https://www.20minutes.fr/planete/2365791-20181106-bordeaux-viticulteur-abandonne-culture-bio-car-cuivre-trop-polluant-sols

[4] https://www.vitisphere.com/actualite-88464-Lafon-Rochet-abandonne-le-bio.htm

 

 

Réactions à notre communiqué

Article paru dans Vitisphere le 6/12/18

Article paru dans Rue89 Bordeaux le 6/12/18